LA PEINTURE : la nécessité intérieure
Je peins comme on danse. Le geste est mon premier langage. Il surgit d’une nécessité intérieure, d’une impulsion qui précède la réflexion. Dans cet instant suspendu, je cherche à fixer l’énergie du mouvement, à inscrire sur la surface la trace d’une émotion, d’une tension, d’un élan. Mes peintures explorent les territoires de l’abstraction lyrique et de l’abstraction géométrique. Longtemps considérés comme opposés, ces deux langages deviennent dans mon travail les composantes complémentaires d’une même recherche. Le geste dialogue avec la structure, l’intuition rencontre le système, le chaos trouve sa propre organisation. Tout commence par la lumière. La lumière révèle les formes, active la perception et transforme continuellement notre regard. À travers elle, la peinture devient un espace de vibration où se rencontrent le mouvement, le temps et la matière. Même immobile, l’œuvre reste en transformation dans l’œil du spectateur. J’explore les tensions qui fondent notre expérience sensible : le jour et la nuit, le chaud et le froid, la douceur et la colère, l’ordre et le désordre. Ces polarités ne s’opposent pas ; elles coexistent et participent d’un même équilibre vivant. Influencée par les recherches de Hans Hartung, Jean Degottex et Victor Vasarely, je poursuis une réflexion personnelle sur la forme en transformation. La peinture devient alors un lieu de passage. Un espace où le lyrisme se structure, où la géométrie s’anime, où la lumière met le temps en mouvement. Chaque œuvre propose une expérience perceptive ouverte. Elle invite à pénétrer l’image plutôt qu’à la regarder simplement, à laisser agir les sensations avant les certitudes, à éprouver la force poétique des formes en devenir.
