L'INSPIRATION

Quand j’ai commencé à faire de la peinture, je pensais qu’il fallait avoir son tableau dans la tête avant de le réaliser. J’ai compris que peindre dans ma tête avait quelque chose de paralysant, d’enfermant. Se plier à une image préconçue, c’est à coup sûr appauvrir tout ce qui pourrait surgir dans le faire. Dans ma peinture, il n’y a pas de véritable idée de départ. Elle est là, dans son immédiateté, une abstraction pure, simplement. Quand je compose mon tableau, il me vient à l’esprit la couleur, la plénitude, le plein de lumière, le rayonnement qui émane des couleurs, si puissant. Elle devient une réalité mouvante, multiple et constamment nouvelle. La nouveauté, l’intensité, l’étrangeté, en un mot, toutes les valeurs sont comme des lignes de vie ou leurs formes fluides.

When I started painting, I thought you had to have your painting in your head before doing it. I understood that the painting in my head had something paralyzing, enclosing. To bow to a preconceived image is certainly to impoverish everything that might arise by doing so. In my painting, there is not really a starting point. It is there, in its immediacy, a pure abstraction, quite simply. When I compose my painting, the color comes to my mind, the plenitude, the plenitude of the light, the brilliance which emanates from the colors, so powerful. It becomes a moving, multiple and constantly new reality. Novelty, intensity, strangeness, in a word, all values ​​are like lifelines or their fluid shapes.

Copyright © 2022 Estelle Bellin